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Le programme des Lorientales 2012

- 1er juin, conférence avec:

Kaoutar Harchi, l'ampleur du saccage, Actes Sud

Chahdortt Djavann, Je ne suis pas celle que je suis, Flammarion

"Littérature et possibilité de résistance".

Université de Lorient, 18:30.


- 2 juin, le Prix du Livre Lorientales 2012 à 16 heures,

Pôle course au large à Lorient, Immeuble Celtic Submarine, salle de conférence de la société Nass & Wind.


- 9 juin, concert:

Yildiz, musiques turques et balkaniques

SUSHEELA RAMAN

Salle Le Manège, 20:30

Extraits musicaux


- en juillet et Aout, exposition de calligraphies.

Mohammed Idali: les 50 noms de l'Amour.

En cours.

Yildiz
Yildiz

L'histoire de la semaine

23. Une ville merveilleuse


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Lors de sa dernière visite à la capitale, Omar, en flânant dans la rue, tombe sur l'étal d'un pâtissier avec loukoums, baklavas et autres friandises.

Omar se damnerait pour des baklavas. Il entre dans la boutique et se sert une belle portion et les déguste, sans façon.

Aussitôt le marchand accourt, un bâton à la main et il lui assène une volée de coups, tant et si bien qu'Omar, sans s'en soucier, se sert une nouvelle portion, plus copieuses encore. Les coups redoublent!

- Ah, quelle ville merveilleuse! s'écrie-t-il, comblé. Chez moi, dans mon village, il faut payer sa portion de baklava avant même d'y toucher, et ci, on vous bat pour en manger ... gratis!



L'histoire de la semaine

22. La valeur d'un souverain


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Le seigneur Tim s'est rendu aujourd'hui au hammam en compagnie de son bouffon.

Après le bain, les massages et les essences, le souverain se sent de fort bon humeur voire même, familier. Ce sentiment de bien-être qu'il éprouve le fait réfléchir sur sa condition. Il se tourne vers son sujet.

- Omar, toi qui est sage, trouves-tu que je suis un homme de valeur?

- Ô seigneur, que t'importe l'avis d'un rustre tel que moi.

- Mais si, tu es sage et j'ai confiance en toi, je veux connaître ton jugement. Par exemple, suppose que je sois ton esclave, pour combien me cèderais-tu sur le marché?

- Pour dix dinars.

- Pour dix dinars? C'est impossible, c'est à peine le prix du pestemal que je porte autour de la taille!

- Tu vois juste, c'est exactement ce prix. Toi, je ... te donnerais par dessus le marché.



L'histoire de la semaine

21. La vie toute entière


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A une époque très reculée, là où habitait Omar, il n’y avait encore que très peu de ponts qui enjambaient les rivières. Les passeurs étaient légion.

Peu érudit, Omar avait la chance de posséder une barque et travaillait comme passeur. Dans son village, pour quelques misérables piécettes, il faisait traverser les gens d’une rive à l’autre.

Un jour, un grand savant, les bras chargés de manuscrits, pris place dans la barque. Omar lui souhaita la bienvenue et engagea la conversation avec cet homme.

Le savant comprit très vite qu’Omar maîtrisait mal la grammaire, que son vocabulaire était simple et que ses tournures n’étaient pas recherchées. Le savant lui demanda :

-       Mon ami, n’es-tu jamais allé à l’école ? sais-tu lire ou écrire ?

-       Non, monsieur, lui répondit Omar, timidement, mais sans honte. Et il continuait de ramer.

-       Alors, mon ami, sache que tu as perdu la moitié de ta vie.

 

Omar fut vexé mais, fier, il garda le silence.

Lorsque la barque fut parvenue au milieu du fleuve, un courant rapide surpris Omar et la barque se renversa. Les deux hommes se retrouvèrent dans l’eau, assez loin l’un de l’autre et, trop loin de la barque pour s’y agripper. Omar aperçut le savant qui se débattait dans l’eau tumultueuse et lui cria :

-       Maître, est-ce que tu as appris à nager ?

-       Non, répondit le savant, ne pouvant atteindre ni Omar, ni la barque qui s’éloignaient encore.

-       Alors, mon ami, tu as perdu ta vie … toute entière !


L'histoire de la semaine

20. Tout est relatif


 

Omar et son voisin sont assis sur les bords du lac Baklava. L’homme, exaspéré par l’habileté qu’à Omar de soutenir nombre de paradoxes et d’inepties veut encore le mettre à l’épreuve. Il espère en son for intérieur gagner la mise.

-       Enfin, Omar, tu exagères à la fin ! La réalité a un nom et elle existe, tout de même !

-       Certes, lui répond Omar mais, elle est très relative.

-       Que me rétorques-tu, la réalité est ABSOLUE !

-       Donne-moi un exemple d’un telle réalité, répond aussitôt Omar.

-       Eh bien, je cherche…Tiens, ce lac qui est devant nous, tu ne peux prétendre tout de même qu’on pourrait mettre toute cette eau dans un seau !

-       Eh bien, si, justement ! Cela dépend de … la taille du seau.



L'histoire de la semaine

19. Le récidiviste

Pour la énième fois en peu de temps, un homme est appréhendé pour vol  Il est présenté au juge au moment où Omar venait lui rendre visite.

-       Regarde cet escroc, dit le juge à Omar. Il se retrouve au tribunal presque chaque semaine. Un tel penchant pour le mal n’est-il pas stupéfiant ?

-       Oh, pas tant que ça ! lui répondit Omar. Toi, tu viens bien au Tribunal … tous les jours !



L'histoire de la semaine

18. Le pari.

Omar organisa un soir une grande fête chez lui. Riche buffet, musiciens et danseuses. La nouvelle arriva très vite aux oreilles du sultan. Il l’envoya chercher sans attendre.

-       Dis-moi Omar, tu fais des fêtes somptueuses et tu dépenses sans compter. D’où te vient cet argent pour mener un si grand train ?

-       Je fais des paris O Sultan, prince des princes et, je gagne tout le temps.

-       Tu les gagnes tous ?

-       Oui seigneur.

-       Et, quels genres de paris fais-tu ?

-       Je parie sur tout et n’importe quoi.

-       Bien. Veux-tu parier avec moi pour dix dinars ?

-       Je le veux bien.

-       Alors, choisis ton pari lui ordonna le sultan.

-       Je parie que demain, tu te réveilles avec une marque sur la fesse droite.

 

Le sultan de rire éclata et accepta le pari, sûr de lui.

 

Le lendemain, le seigneur à son réveil se précipita vers le miroir et, content, ne remarqua aucune tache. Ni sur la fesse droite, ni sur la gauche. Il envoya chercher Omar et lui annonca, heureux qu’il vient de perdre son pari.

-       Je demande à vérifier, O seigneur.

Et le sultan de s’éxécuter. Il baissa son pantalon, rapidement et lui montra ses fesses, fier. Omar lui donna ses dix dinars mais rentra vite chez lui organiser une fête plus grande encore !

Intrigué ou envieux, le sultan ayant eu vent de cette fête le convoqua de nouveau.

-       Omar, pour quelles raisons as-tu organisé cette fête ?

-       C’est simple, mon bon seigneur, je viens de gagner à nouveau un pari.

-       Mensonge. Tu es insultant. Ce pari, tu viens de le perdre.

-       J’ai perdu dix dinars contre toi, certes, mais je viens d’en gagner cent contre ton vizir.

-       Et qu’as-tu parié avec mon vizir ?

-       J’ai parié que s’il se cachait tôt hier matin dans la salle d’audience, il te verrait en train de me montrer…tes fesses.

 



L'histoire de la semaine

17. D'où vient le son.

Le voisin d’Omar vient le voir un jour, entouré de tous les gens du quartier pour le défier. Il apporta avec lui un seau d’eau, fit un feu  et jeta la braise dans l’eau du seau.

Immédiatement, on entendit  un « pschittt » et un nuage de vapeur entoura les deux protagonistes.

Alors Omar ! toi qui as réponse à tout, le son que l’on vient d’entendre, vient-il de la braise ou bien de l’eau ?

Omar se mit à réfléchir, longtemps. L’assemblée toute entière retenait son souffle tandis que son voisin, ricanait déjà dans sa barbe.

Soudain, à la surprise de tous, Omar se leva brusquement et avant que son voisin ne réagisse, lui administra une claque magistrale et bruyante sur la nuque.

Et avant même que son voisin ne réplique il donna sa réponse tout haut:

- Et le « clac » que nous venons d’entendre, vient-il de ma main ou de ta nuque ?

 


L'histoire de la semaine

16. Partageons nos richesses.


Il fut un temps où Omar, grâce à ses grandes qualités de sagesse et diplomatie, eut des fonctions importantes auprès du Sultan.

Chaque problème délicat lui était soumis. Un jour, le Sultan lui dit :

-       La vie dans le pays est devenue intolérable, la moitié de la population est très riche pendant que l’autre moitié vit dans la dénuement le plus total avec même pour certains, sans avoir de toit ni de quoi manger. Si toi, Omar, qui est respecté de tous tu arrivais à les convaincre de partager leurs richesses, alors, tout le peuple pourrait vivre heureux.

-       Tu as absolument raison, ô Sultan, je vais de ce pas courir dans tout le pays pour accomplir cette noble mission.

Omar quitta le palais et ne revint qu’après une semaine, totalement épuisé.

-       Alors ? l’interrogea le Sultan

-       Alors, j’ai réussi à convaincre…Les pauvres !



L'histoire de la semaine

15. Les marmites : vie et mort.


 

Omar alla frapper un jour à la porte de son voisin. C’est son épouse qui lui ouvrit :

-       Je suis content que ce soit toi ! J’ai besoin d’une marmite pour faire mon repas ? Pourrais-tu m’en prêter une ?

-       Bien sûr, répondit-elle, je vais t’en chercher une.

 

La voisine revint avec une marmite de taille moyenne. Confiante, elle la prêta à Omar.

Le lendemain, avant de lui rendre sa marmite, Omar en posa une petite à l’intérieur de la première puis, se rendit chez sa voisine.

-       Merci beaucoup. Voilà ta marmite, elle m’a été bien utile.

-       Mais, Omar, la petite n’est pas à moi !

-       Mais si ! cette nuit, ta marmite a accouché d’une petite. C’est son enfant, elle te revient de droit.

La voisine se moqua de la naïveté d’Omar mais, fut contente de gagner une marmite.

 

Quelques jours plus tard, Omar frappa à nouveau à la porte de sa voisine.

-       Bonjour, j’aurais encore besoin d’une marmite, pourrais-tu m’en prêter une ?

-       Avec joie ! Lui répondit-elle. Je vais te prêter la plus belle et la plus grande de mes marmites.

La voisine espérait bien récupérer une deuxième marmite…Omar la prit donc et s’en alla chez lui préparer son repas.

Deux jours passèrent, puis quatre, puis huit. Aucune nouvelle d’Omar. La voisine s 'inquiétait, non d’Omar mais plutôt de « ses marmites ». Trop impatiente elle finit par aller chez lui. Elle frappa à sa porte :

-       Cher voisin, lui dit-elle, tu as oublié de me rendre ma marmite.

-       Je n’ai point oublié chère voisine mais, il est arrivé un grand malheur et je ne savais comment te l’annoncer. Vois-tu, alors qu’elle accouchait, ta belle marmite est morte la nuit même dans d’atroces souffrances.

-       Ne te moquerais-tu pas de moi, Omar ? Depuis quand les marmites meurent-elles ?

-       Malheureusement, dans la vie, voisine, tous ceux qui enfantent meurent un jour. Tu as bien accepté que ta première marmite accouche, il faudra bien admettre maintenant que la seconde est morte.

 

Et Omar, ainsi, garda la belle et grande marmite.

 

 


L'histoire de la semaine

14. L'humiliation et le pardon


Omar vient d'être invité par un riche marchand qui voudrait se targuer de l'avoir eu à sa table.

Omar accepta car l'épouse de ce marchand a la réputation d'être une excellente cuisinière, comble du peu, d'être magnifiquement belle.


Au terme du somptueux repas, quand on en est à se rincer les doigts à l'eau de rose, le riche et orgueilleux marchand demande à son hôte:

- Omar! Toi qui a des lumières sur toutes choses, à ton avis, y a-t-il des pardons qui blessent plus que l'humiliation?


Omar ne répond pas mais, sans crier gare, il lui administre une claque sur les fesses, suffisamment forte pour que tout le monde l'entende et, franchement suggestive...devant sa très belle femme et les autres invités.


- Par Allah! répond l'autre surpris, as-tu perdu la tête?

- Je te demande pardon, dit Omar l'air gêné. J'ai cru que c'étaient les fesses de...ton épouse.



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